Comme je ne perds pas mes habitudes perverses (voir le post sur les villes d’Italie centrale en cliquant ici), j’ai fait des décomptes d’oiseaux dans les rues de Zurich , en me rendant à pied tous les matins du centre ville au campus de l’Université, en limite nord de la ville, où avait lieu le congrès de l’EOU. La méthode est simple : je note tous les oiseaux observés ou entendus le long du trajet, en ne tenant pas compte des oiseaux qui volent au-dessus de la hauteur des toits. 
J’ai séparé mon trajet en 3 secteurs (A : 1,1 km ; B : 0,85 km ; C : 1,45 km) et j’ai effectué 4 trajets (de samedi 22 à mardi 25/8) en 50 mn en moyenne, à partir de 7h45 environ. Voici les résultats bruts : SECTEURS | A | B | C | Jours | 1 | 2 | 3 | 4 | 1 | 2 | 3 | 4 | 1 | 2 | 3 | 4 | Moineau | 8 | 12 | 14 | 9 | 4 | | | 1 | 4 | | 1 | | Pigeon | | 3 | 2 | 2 | 4 | 2 | 3 | 6 | | | | | M.bleue | 1 | 1 | | | | 1 | 2 | | 3 | 1 | 1 | | M.charbo | 2 | 2 | | | | | | | 3 | 5 | | | Corneille | | 2 | | | | | 1 | | 1 | | | 1 | Pie | | | | | | | | | 1 | 1 | | | T.turque | | | | | | | | | 1 | | 1 | | RQ noir | 1 | | | | | | | | | | | 1 | Verdier | | | | | | 1 | | | | | | | M.longue queue | | | | | | | | | 2 | | | | Sittelle | | | | | | | | | 1 | | | | Geai | | | | | | | | | | 1 | | |
Sans vouloir donner à ces résultats une significativité qu’ils n’ont pas, on peut cependant en tirer quelques enseignements : - comparaison entre les secteurs : le secteur C situé en périphérie a une variété d’espèce nettement plus forte (10) mais une abondance moyenne (7,25 ind/visite) plus faible que le secteur A du centre ville ( resp. 6 esp et 14,7ind/visite) : on retrouve un résultat bien connu : l’urbanisation réduit la diversité et augmente la densité des oiseaux - comparaison entre WE et jours de semaine : 12 esp au total les 2 jours de WE (8,5 en moyenne) contre 6 les 2 jours de semaine (4,5 en moyenne)….pas de doute il vaut mieux faire les comptages en WE ! - quelques données sur les espèces : + Moineau domestique : belle densité en centre ville, la faiblesse en périphérie doit s’expliquer par la dispersion des jeunes dans les zones vertes toutes proches (il y avait des groupes de moineaux à l’université) + Pigeon domestique : ce qui frappe, c’est leur faible effectif, nettement moins important que celui du moineau. Nous n’avons vu durant notre séjour que 2 groupes importants (près du lac sur des lieux de nourrissage) + Mésanges et Corneille : représentées dans le centre comme en périphérie + Pie et Tourterelle turque : seulement en périphérie (je n’en ai jamais vu en centre ville durant mon séjour) + pas de Merle, de Ramier ni de Troglodyte alors qu’il y a des arbres et des buissons partout ! Il est vrai que cela nécessiterait une confirmation à une meilleure époque…. - comparaison avec Paris : j’ai fait régulièrement des comptages dans les rues parisiennes (pour qq détails cliquez ici ) et même si la 2ème quinzaine d’août n’est pas celle où j’ai le plus compté , j’ai effectué (en 6 ans…) 7 comptages entre le 20/8 et le 1/9 depuis la porte de Pantin jusqu’à la Bastille. J’ai observé aussi peu d’espèces ( 10 si je ne tiens pas compte des laridés le long du canal St Martin ni de 3 occasionnels). 
>>>>>Il n'y a même pas besoin de leur donner à manger pour qu'ils viennent...ils viennent tous seuls ! La densité de Moineaux à Paris était supérieure ( de 10 à 21 ind/km suivant les secteurs contre 4 ind/km en moyenne à Zurich, dont 10 ind/km dans le secteur A), celle du Pigeon féral énormément plus forte (70-80ind/km à Paris contre 1,2 en moyenne à Zurich avec un maximum de 4,5 ind/km dans le secteur B…). Même en cette saison, je trouvais à Paris entre 2,5 et 4,5 Ramiers/km (plus que de Pigeons féraux à Zürich !), 2 Merles/km dans le secteur R-Lenoir et même de 2 à 3 Etourneaux au km le long du canal St Martin et du Bd R-Lenoir… Les Mésanges charbonnières et bleues ainsi que les corneilles étaient peut-être un peu plus nombreuses à Paris et , même s’ils étaient peu nombreux, les accenteurs y étaient présents ! En revanche le Troglodyte était quasiment absent de mes relevés (alors qu’il est régulièrement présent Bd R-Lenoir), son absence dans mes relevés zurichois n’est donc peut-être due qu’à la saison…. Pour conclure, revenons sur les absences surprenantes à Zürich : si l’absence d’observation de Crécerelle n’est pas forcément significative, celle déjà signalée du Ramier n’est sûrement pas due au hasard (en plus, son absence en ville – mis à part Genève et quelques parcs de Berne – est signalée dans le monumental « Oiseaux de Suisse » ). C’est sans doute aussi le cas de l’Etourneau et de l’Accenteur. Pour le Troglodyte, il faut rester prudent…. de même que pour la Poule d'eaau car il n' y a que le parc de l'université qui aurait pu en héberger. Ces différences prouvent que l’urbanisation des espèces, même si c'est un phénomène général, ne suit pas le même rythme partout : ces disparités entre villes sont intéressantes à analyser pour mieux comprendre les phénomènes mis en jeu |