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| L'auteur du blog |
| Quasi 55 ans à l'ouverture de ce blog, j'enseigne les SVT (ex- Sciences nat'...) dans un collège de Seine St Denis.
J'ai travaillé 6 ans en Algérie (1977-1983).
Membre du Corif, je coordonne les travaux de l'Atlas des oiseaux nicheurs de Paris qui devrait paraître en 2009. J'ai créé la liste de diffusion "Ornitho urbaine" |
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| Des sites utiles, géniaux, sympas, etc. |
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.........................................................Je reviens de passer les premiers jours de mars à Dieppe et une des choses qui frappent est l’omniprésence des goélands : sur la plage on voit les 3 espèces locales de grands goélands ( argenté, brun et marin) mais en ville je n’ai vu posé que des Goélands argentés. Je ne serais cependant pas étonné qu’il y ait aussi quelques couples de Goélands marins qui se soient installés en ville… 
.................................Début mars est une bonne période pour repérer les couples qui s’installent sur les toits, on les entend « chanter » de leur « douce » voix, si possible en duo. Ils recherchent aussi bien les toits plats que les toits en pente où ils choisissent les cheminées pour y déposer leurs œufs… 
...........Que cherchent-ils en ville, alors qu’il y a de la place dans lers falaises alentour ? La première réponse évidente est la nourriture…. On leur en fournit facilement : c’est la saison des coquilles St jacques et les goélands nettoient les coquilles après que le mareyeur en ait retiré la noix et le corail…il reste toujours quelque chose à « gratter »… A la fin du marché, il y a aussi des choses à récupérer…et celui-ci a même bon espoir de récupérer quelque chose dès le début ! 
.............................................................Il y en a qui ont trouvé une autre source de nourriture : comme les corneilles, ils ont appris à déchirer les sacs-poubelles ! Différence notable avec les « poubelles Vigipirate » parisienne, celles-ci sont opaques. Il ne savent donc pas ce qu’il y a dedans… 
Il y a aussi le fait que la ville est mieux abritée des vents que les falaises locales, exposées plein nord… et en ville il fait toujours quelques degrés de plus qu’autour. Il y a toujours eu des goélands en bord de mer, Dieppe et son port existent depuis des siècles… pourquoi les goélands ont-ils attendu la fin du 20ème siècle pour s’y installer ? La population de goélands argentés a d’abord augmenté pendant le 20ème siècle, à cause du développement de la pêche industrielle (et de ses rebus…) ainsi que de la multiplication des décharges. On admet en général qu’ à la suite de l’augmentation de la population, la place pour nicher a commencé à manquer, et que le Goéland s’est rapproché des villes et s’est aperçu que l’Homme n’était pas si méchant que ça ! En plus, il y avait d’autres avantages à nicher en ville… Depuis la réduction des stocks naturels de poissons, la population de goélands nichant en site naturel baisse et la population urbaine augmente, un des rares cas de ce type avec la Pie. 
Verra-t-on le Grand Cormoran s’installer en ville comme les goélands ? Je me lance dans les pronostiques…. : je ne crois pas . Le Grand Cormoran ne trouve pas plus de poissons vivants en ville qu’en mer (je ne crois pas qu’il se nourrisse de cadavres de poissons) . Mais l’avenir me démentira peut-être….. ;-) 
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06-03-2010, 16:10:16 Frédéric Malher
des espèces très urbaines
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Un sujet fait polémique chez les ornithologues: les espèces dites "invasives"… Tout d'abord, et c'est une partie du problème, il ne faut pas confondre automatiquement "exotique" et "invasive" : une espèce exotique n'est invasive que si elle a tendance à se développer et à poser problème au milieu qui l'accueille...Ensuite vient une autre question : que faire face à une espèce invasive ?....mais on ne l'abordera pas ici ! Pour parler de la Perruche à collier, pas de problème pour les 2 premiers termes de la définition : c'est une espèce clairement exotique (elle niche naturellement en Inde, en Asie du Sud-est et en Afrique subsaharienne ); elle est clairement en phase d'expansion en région parisienne : dans Alauda (2009 n°2), Ph. Clergeau, A.Vergnes et R.Delanoue montre que la population de perruches, établie en région parisienne dès les années 70, mais spécialement depuis 1990, s'est développée "à bas bruit" jusqu'en 2000 environ puis a "explosé" au 21ème siècle pour atteindre plus d'un millier d'individus en 2008. La question est de savoir si l'espèce est gênante : pour les agriculteurs indiens, pas de doute, c'est une peste qui s'attaque aux récoltes de riz et d'arbres fruitiers ! Mais en France ? La perruche vit peu (ou pas) dans les milieux agricoles mais dans les parcs urbains :il n'y a donc pas de problèmes agricoles. De plus, aucun dégât n'est signalé sur les arbres des jardins. Il faut dire qu’ elle se nourrit beaucoup aux mangeoires. Le problème concerne la concurrence avec les oiseaux cavicoles (= qui nichent dans des cavités creusées dans les arbres). Elle est incapable de creuser sa loge, tout au plus peut-elle agrandir une cavité dans un bois bien pourri ! Elle utilise donc en général des loges de pics ou des trous qui sont utilisés aussi par des étourneaux, des pigeons colombins et des sittelles. En plus, comme elle niche très tôt (les premiers accouplements ont eu lieu début février à Paris comme d'habitude), elle passe avant les autres. 
Mais...c'est qu'elle me plairait bien cette loge !....photo Y Gestraud Les avis divergent sur l'impact de la Perruche à collier: pour Bruxelles, l'atlas publié en 2008 montre l'absence d'impact sur le pigeon colombin (qui augmente) et la sittelle (qui se maintient). D.Strubbe et E.Matthysen en 2007 (Invasive ring-necked parakeets Psittacula krameri in Belgium: habitat selection and impact on native birds. Ecography 30: 578-588) pensent au contraire que la sittelle peut être affectée par la présence de la Perruche et complètent leur démonstration en 2009 (Experimental evidence for nest-site competition between invasive ring-necked parakeets Psittacula krameri and native nuthatches Sitta europaea. Biological Conservation) par une "expérience" qui montre qu'en cas de forte densité de perruches, l'impact est tout à fait notable. La question est de savoir si cette densité "expérimentale" correspond à une densité possible naturellement... 
........Non mais...qu'est ce que vous croyez ? C'est chez moi ! photo Y.Gestraud En revanche, il semble qu'il n'y ait pas d'impact notable sur les pics : si leur loge est utilisée, ils en creusent une autre ! Les photos prises le 22 janvier au parc Montsouris par Yves Gestraud montrent en tout cas que le Pic vert n'apprécie pas ce squattage..... Il faut noter que, malgré son bec impressionnant, le pic vert a déjà beaucoup de mal à résister à un étourneau qui veut lui prendre sa loge… alors, une Perruche ! |
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09-02-2010, 15:40:18 Frédéric Malher
des espèces très urbaines
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Un voyage de classe m’a fait passer la semaine dernière par 2 extrêmes architecturaux : la gare RER de Chessy s/Marne, plus connue comme gare d’EuroDisney…., et la cathédrale de Meaux, superbe édifice gothique. Cela m’a permis de constater l’éclectisme des goûts des Hirondelles de fenêtre en matière de support pour construire leurs nids… 
>>>En sortant du RER, pensez à lever la tête !.... . A Chessy, ce sont pas moins de 120 nids en bon état qui ornent diverses sorties de la gare RER , ce qui en fait une des plus grosses colonies d’Île de France (à supposer qu’ils soient tous occupés…..). 
Quand il n'y a plus de place à côté, on construit en dessous..... . On peut même y voir quelques nids regroupés en grappe, évidemment loin de ce qu’on peut trouver en Espagne, mais quand même un spectacle rare dans la région. A Meaux, la façade de la cathédrale a subi au 16ème siècle les affres des guerres de religion qui ont provoqué la destruction des têtes de nombreuses statues qui ornent les portails. 
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>Le splendide portail semble cacher ses nids d'hirondelles... . On a l’impression que les hirondelles ont profité des espaces ainsi libérés pour construire leurs nids qui parfois prennent la place des têtes arrachées à leur emplacement d’origine !…

Mais en cherchant bien on finit par trouver les nids qui sont accrochés aux statues des portails ! |
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09-05-2009, 21:42:34 Frédéric Malher
des espèces très urbaines
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La Rousserolle effarvatte est une fauvette aquatique, de couleur assez terne (et c’est un doux euphémisme…) qui a besoin pour se reproduire d’une zone (même réduite) de roseaux. C’est ainsi qu’elle est commune au parc de La Courneuve le long de ses divers « lacs » mais qu’ elle s’est contentée de la « roselière » du parc de Bercy pour nicher l’an dernier ! 
Voici l'oiseau dans son milieu naturel (photo O.Laporte) En migration, en revanche, c’est très surprenant …..on la trouve dans des endroits très inattendus : voici 2 photos de l’endroit où je l’ai trouvée hier ! 
Cela ne ressemble que de loin à une roselière...... Elle chantait (heureusement !) en sourdine dans le bosquet de Cerisier du Portugal, au bord d’un rond-point, au pied d’un groupe d’immeubles de quelques étages, en limite d’un quartier pavillonnaire, à quelques dizaines de mètres de voies de chemin de fer … 
..et voici ce qui tient lieu de roseaux ! Et cela me remet en mémoire d’autres observations de la même espèce en migration en milieu urbain : dans un Laurier-cerise au pied d’une cité dans Paris, dans un petit jardin au pied d’un immeuble (encore dans Paris) , dans un Platane près du port de Pantin, dans la bambouseraie du parc de la Villette, dans les Buddleyas de la friche SNCF située entre la porte de la Chapelle et d’Aubervilliers……peu de choses à voir avec les roseaux (à part peut-être la bambouseraie…). En revanche, un point commun entre ces observations : elles sont toutes situées à moins de 200m d’une voie ferrée (sauf pour la bambouseraie du Zénith). Il n’est pas impossible que la SNCF favorise involontairement l’entrée des effarvattes (et sans doute d’autres espèces comme la fauvette grisette) en milieu urbain… Cela peut s’expliquer par la « migration rampante » : beaucoup de passereaux migrateurs nocturnes se posent pour se reposer et se nourrir en cours de route….mais ils continuent à se déplacer au sol dans la même direction que leur vol ! Les voies de chemin de fer sont souvent bordées de buissons variés où les oiseaux peuvent trouver un peu de repos et de nourriture….ensuite il n’y a plus qu’à suivre la voie !…. 
Voici de quoi traverser la banlieue sans quitter la verdure..... Le cas extrême est atteint par cette observation assez incroyable….Je ne modifie pas une lettre du message passé il y a 7 ans sur une liste de diffusion ornithologique française et je précise que l’observateur est « honorablement connu » du monde ornithologue et qu’on n’était pas le 1er avril…. ;-) De : Emmanuel Roy <roy.baty@f...> Date : Mercredi 4, Septembre 2002 17:45 Objet : Les oiseaux dans leurs milieux Salut, Aujourd'hui, une Rousserolle effarvatte était en "migration active" le long de la voie ferrée dans la partie souterraine de la gare de Lyon. (…) Dernier point original : cette espèce chante facilement en migration (c’est comme ça qu’on la repère…..) et stationne parfois longtemps dans des endroits inattendus : dans la friche SNCF citée ci-dessus, on a entendu des chanteurs pendant longtemps : en 2005 en particulier, il y a eu des chanteurs pendant 2 mois ! On était en droit de supposer que l’espèce cherchait à nicher…ce qui, pour l’Atlas des Oiseaux Nicheurs de Paris, nous emplissait d’aise ! Malheureusement aucun jeune ne s’est jamais fait entendre (alors qu’ils ne sont pas discrets !) et il semble bien qu’il n’y ait jamais eu de nidification….alors qu’à Bercy, où l’Effarvatte est entendue chaque année au moment des migrations, un nid occupé est découvert en juin 2008 alors qu’on n’avait jamais soupçonné sa présence, puisqu’ aucun chant n’avait été entendu après la migration. Cette double affaire a donné naissance au proverbe ornitho-urbain : « Rousserolle qui chante ne niche pas, rousserolle qui niche ne chante pas »…. ;-) |
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03-05-2009, 15:44:25 Frédéric Malher
des espèces très urbaines
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L’an dernier, et pour la première fois dans l’histoire de l’ornithologie parisienne, l’épervier a niché dans Paris intra-muros… et 3 couples d’un coup ! Aux Buttes-Chaumont, au parc Montsouris et…..à la BNF (un « bois » d’un hectare inséré entre les bâtiments….). Cette année on attend avec impatience les suites de cette colonisation….. Pour les Buttes-Chaumont, aux dernières nouvelles, on craint qu’il n’y ait qu’un mâle ; au Père-Lachaise, un couple paradait il y a quelques semaines et au parc Montsouris…..le couple est bien reparti pour nicher ! Y et MY Gestraud le suivent avec attention et ils ont déjà des indices intéressants : - après des observations quasi quotidiennes du couple, ils ont pu assister à un accouplement . 
>>>>Comme les autres photos, elles sont d'Yves Gestraud . - ils ont pu repérer le transport de branchages, signe de la construction d’un nouveau nid . 
>>>>>>>Ici, c'est la femelle qui se charge du transport d'une branchette (photo Y. Gestraud) . - pour la petite histoire, ils ont trouvé une plumée de Bécasse ! 
>>>>>>>>Pas facile de déterminer l'espèce.... (photo Y. Gestraud) . 
Comme ça, on voit mieux ? (photo Y.Gestraud) Vous imaginez la scène ? un Epervier capturant une Bécasse qui s’était arrêtée à Paris au cours de sa remontée vers son territoire de nidification (ne rêvons pas, ce n’était pas une Bécasse qui essayait de nicher sur place !) ….. les gens qui pensent qu’à Paris il n’y a que des pigeons et des moineaux auront sûrement du mal à y croire, et pourtant c’est vrai ! |
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05-04-2009, 19:52:54 Frédéric Malher
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Souvenir de vacances…..d’hier matin ! Newcastle est une ville du nord-est de l’Angleterre, à quelques kilomètres de la frontière écossaise et du mur d’Hadrien qui voulut protéger l’Angleterre romaine contre les assauts des Pictes qui occupaient l’actuelle Ecosse. Située à 10km du bord de la mer du Nord (et Nord n’est pas un vain mot : nous sommes à la latitude du sud du Danemark…..), la ville (et sa jumelle Gateshead) occupe les rives de la Tyne, sur lesquelles les effets de la marée sont très sensibles. Ce qui saute aux yeux quand on visite Newcastle, ce sont…. ses ponts ! 7 ponts en à peine plus d’un kilomètre ! Et comme ça saute à nos yeux, ça a aussi sauté aux yeux des oiseaux, normal….. : ce qui l’est moins c’est que c’est une espèce qui n’a rien à faire à l’intérieur des terres qui en a fait l’usage le plus intéressant ! Autour de 1950, une colonie de Mouettes tridactyles s’est établie sur les arches métalliques et les piliers de ce pont et maintenant ce sont environ 200 couples qui occupent ce pont ! 
Mais d’abord , à quoi ressemble cette mouette ? J’ai eu la chance d’en voir une qui était arrivée en avance sur le calendrier habituel (leur retour se fait plutôt en mars) et, si les photos ne sont pas de bonne qualité (prises avec un objectif normal !…), elles suffisent à reconnaître les critères de détermination : la tête blanche (même en période de reproduction), les pointes des ailes noires sans tache blanche et le bec jaune…peu de chance de la confondre avec la mouette rieuse, un peu plus avec le goéland cendré mais quand même, si on fait un peu attention….. Et si en plus elle crie, elle donne elle-même son nom….mais en anglais ! Kitti-wake….. 
>>>>>Pour illustrer le côté extraordinaire de la situation (il semble que ce soit le seul endroit au monde où cette espèce niche à l’intérieur des terres….), il faut signaler ( ou rappeler….) que cette espèce est qualifiée de pélagique car elle passe le plus clair de son temps en pleine mer . Elle hiverne en particulier dans le golfe de Gascogne, ce qui explique qu’un nombre important se soient retrouvé poussé par l’ouragan Klaus jusqu’en vallée du Rhône et en Suisse. Elle ne vient sur le continent que pour nicher, et encore ne fait-elle que choisir des falaises de bord de mer, le plus souvent sur des îles , mais on la trouve aussi sur le continent (Cap Blanc-Nez par exemple) et même en ville (Boulogne s/Mer)…..mais jamais à l’intérieur des terres, même seulement de 10 km..…..sauf à Newcastle ! 
Evidemment, on pourrait remarquer que ces oiseaux font des crottes (et pas vous ?….), que ça salit les murs, attaque le métal, que sais-je encore ?… En France on aurait trouvé beaucoup de gens pour se plaindre de la présence intempestive de cet oiseau….mais on est en Angleterre ! Et là, on ne plaisante pas avec la protection des oiseaux…et on en est fier ! On en fait donc une attraction touristique et on apprend au touriste l’histoire fantastique de cette colonie unique au Monde…… 
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28-02-2009, 21:40:21 Frédéric Malher
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Cet été je suis allé faire une virée vélornithologique dans le nord de l'Espagne et j'avais rapporté un extrait de journal (j'ai oublié lequel....) sur lequel je viens de remettre la main. La photo n'est pas de bonne qualité mais on comprend le plus important : la densité et la localisation des nids de Cigognes à Lanaja, petite ville d'Aragon (au sud d'Huesca).... Aragon 12 - Alsace 1 
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19-02-2009, 08:51:10 Frédéric Malher
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Voici encore un oiseau qui fait partie intégrante de l’avifaune parisienne et qui pourtant n’est pas à Paris « depuis toujours ». A la fin du 19ème siècle il n’y en avait pas et vers 1930 il y en avait tellement peu qu’un ornithologue parisien (Legendre) n’en cite qu’un ou deux couples et la place dans la catégorie « rencontrée de temps en temps dans Paris ». Un autre ornithologue (P.Barruel) ne la considère toujours pas comme commune dans les années 40 mais signale à la fin des années 50 qu’elle niche dans les grands arbres des parcs importants. On doit pouvoir donc dater son implantation de cette période. 
A l'observatoire ornithologique du bois de Vincennes.... Ensuite elle sort de ces parcs pour nicher dans les arbres du bord des rues. Il semble que ce soit une règle pour un certain nombre d’oiseaux qui s’installent en ville : au début on s’établit dans le milieu qui ressemble le plus à son milieu d’origine ( milieu rural ouvert entrecoupé de bosquets ou d’arbres isolés) puis on s’adapte vraiment, en utilisant des arbres isolés le long des rues et – pour certaines espèces – on va même jusqu’à nicher sur des bâtiments (comme le pigeon ramier par exemple). Parallèlement, le régime alimentaire peut changer : déjà que « dans la nature » la Pie est opportuniste, en ville on peut la voir manger n’importe quoi n’importe où….y compris dans les poubelles ou les caniveaux ! Quelques mots d’abord sur le comportement « dans la nature » de la Pie : comme la plupart des corvidés, c’est un omnivore à tendance carnivore . Au moment des nids, c’est un redoutable prédateur, mais elle peut se contenter de charogne (voir la photo) et en hiver de…ce qu’elle trouve ! 
Non, elles n'ont pas tué ce lapin....il a dû mourir de maladie . On l’a beaucoup accusée de faire des dégâts dans les populations de petits oiseaux, voire sur les canetons des parcs suburbains : c’et vrai que sa densité dans un parc comme la Courneuve (93) peut faire se poser des questions…..auxquelles F. Chiron a répondu dans sa thèse (voir quelques éléments sur cette thèse en cliquant là) en montrant qu’il n’y avait pas moins de petits passereaux dans les coins où il y avait beaucoup de pies… J’ai évoqué son nid qui est placé sur un arbre ( j’ai vu une photo d’une pie ayant niché sur une façade – à Berlin – mais c’est une exception…) . Quand il est complet, il a une forme caractéristique : grosse boule de branches apparemment sans grand ordre (en fait elles sont maintenues par une couche de boue à l’intérieur ), il est normalement surmonté d’un « toit », lui aussi fait de branches entrecroisées. Evidemment, cela ne protège pas contre la pluie, mais ça doit limiter les risques de prédation….. 
En bas de chez moi, une Pie avait construit ce nid dans un Tulipier de taille modeste . Et effectivement ….. risques de prédation il y a ! Son « meilleur ennemi » est la Corneille et , dès le début de la construction du nid (voire plus tôt !), on peut assister à la rivalité ancestrale qui oppose ces espèces….ce matin par exemple, dans le 19ème arrondissement , une corneille était posée sur un vieux nid de pie qu’elle s’employait à démonter, pendant que le couple légitime propriétaire de la construction criait haut et fort son mécontentement…Et quand le nid est construit et qu’il contient des œufs ou des jeunes, la Corneille n’hésitera pas à en faire son 4 heures ! Et pourtant, alors que la Corneille noire, qui s’est établie à Paris au début des années 60, a vu sa population « exploser » depuis les années 80, elle ne semble pas arriver à faire disparaître la Pie de notre capitale : le nombre de pies ne semblent pas avoir baissé en 20 ans (pour plus de détails, il faudra attendre la publication de l’Atlas des Oiseaux Nicheurs de Paris….) et quand j’étudie la densité des 2 espèces dans les rues parisiennes, je ne trouve aucune « corrélation négative » : le nombre de corneille ne semble pas faire baisser le nombre de pie (là, pour avoir plus de détails, il faudra attendre que j’écrive un article sur mes comptages parisiens….quelques détails en cliquant là ). A noter qu’au niveau européen, on retrouve une implantation urbaine et un développement de la Pie en général avant la Corneille et on signale toujours la rivalité entre les 2 espèces….mais personne ne note une diminution de la Pie ! Elle sait se défendre la bougresse !…. |
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07-02-2009, 18:21:15 Frédéric Malher
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L'évènement de l'ornithologie parisienne en 2008 a sans doute été (avec celle du Martin-pêcheur) la découverte de la nidification de l'épervier dans Paris...et en 3 endroits en plus ! Les parcs Montsouris et des Buttes-Chaumont et la BNF ont hébergé cette année chacun leur couple de rapaces. Cet évènement avait été précédé par l'augmentation de la présence de l'espèce hors période de reproduction : j'ai déjà raconté 2 scènes de rencontres avec l'épervier dans Paris (pour les voir, cliquez là.....puis là !) Je profite de la réception de 2 nouvelles séries de photos (merci aux photographes !....) pour faire le point sur cette espèce en ville. Tout d'abord, sans épervier, Paris était plutôt une exception parmi les capitales européennes : on trouve l'épervier à Kensington Gardens à Londres, au parc du Cinquentenaire à Bruxelles et si on ne le trouve guère à Berlin, c'est que la place est prise par l'Autour des palombes ! 
Qui a été le plus surpris, le photographe ou l'épervier ? ( photo prise au parc de Bercy par JB Alemanni)
Pourquoi s'établit-il maintenant ? Il faut rappeler aux petits jeunes l'histoire des rapaces en France depuis les années 70':en cette période, les insecticides, essentiellement les organochlorés (DDT et autres....), s'accumulaient le long des chaînes alimentaires et atteignaient leur concentration maximum dans les oeufs des rapaces, ce qui les rendaient fragiles, au point que leur coquille pouvait casser sous le poids de la couveuse. Le plus souvent, les pesticides tuaient l'embryon. Si onrajoute les tirs par les chasseurs qui mettaient un point d'honneur à détruire ces "animaux nuisibles", on comprend que les rapaces aient diminué de manière dramatique jusqu'aux années 70 : il n'y avait plus que quelques couples de faucons pèlerins dans les Vosges au point qu'aucun jeune ne s'est envolé dans ce massif certaines années. De même, sans atteindre la même extrême rareté,l'épervier était en situation très préoccupante et le jeune ornitho que j'étais a eu bien du mal à faire sa "coche" d'épervier ! 
>>>>>>>>>Une fois sa surprise passée, l'épervier a été manger sa proie à l'abri (photo JB Alemanni)
Heureusement il y a quelques fois des mesures qui marchent : on a interdit les organochlorés et on a interdit de tirer les becs crochus" et progressivement les rapaces sont revenus....on retrouve des pèlerins et des balbuzards mais aussi des buses ...et des éperviers ! On avait oublié qu'au début du siècle l'espèce était donnée comme le rapace le plus commun ! Ensuite, l'espèce a fait comme beaucoup d'espèces communes poussées par la saturation des milieux naturels...elle s'est aventurée en ville et s'est aperçue que l'Homme actuel faisait plus de bruit que de mal ! Comme d'autres espèces, c'est en hiver que les éperviers ont commencé à fréquenter la ville : à Paris on avait pu noter son augmentation au début des années 2000. Le côté surprenant de la situation actuelle vient d'une réputation usurpée d'oiseau farouche, conservée de l'époque où elle était simplement rare...En fait l'épervier n'a pas très peur de l'Homme : à Lublin (Pologne) où l'espèce s'est établie récemment, sur 4 nids, un était situé sur un alignement d'arbres entre 2 rues passantes et un autre sur le parking d'une boîte de nuit ! Au parc des Buttes-Chaumont, le nid est situé au sommet d'une butte où viennent tous les matins des habitués pour faire leur Taï-chi ! Quant au couple de la BNF, il faut signaler pour ceux qui ne connaissent pas le lieu qu'il s'agit d'un "bois" de pin d'un hectare engoncé entre les barres et les tours de la Bibliothèque Nationale de France ! Regardez la photo prise en plein centre de Paris pour voir s'il est difficile dans le choix de ses postes de chasse..... 
>>>>Un épervier a pris ses habitudes dans cette cour près du jardin du Luxembourg (photo Laurent Masselet)
Que mange-t-il ? C'est une espèce qui se nourrit presque exclusivement d'oiseaux, passereaux en général. En hiver, il faut reconnaître qu'il a vite fait de repérer les mangeoires mises par les amis des oiseaux à la disposition des mésanges,verdiers et moineaux en peine de nourriture ! C'est parfois un cas de conscience : faut-il nourrir des oiseaux au risque qu'ils se fassent attraper par le "méchant" épervier ? Je propose de renverser le problème et de dire qu'en mettant une mangeoire vous nourrissez les oiseaux de 2 manières : directement avec les graines pour les passereaux et indirectement en proposant des proies plus faciles à l'épervier....après tout lui aussi à faim en hiver ! |
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30-12-2008, 22:14:31 Frédéric Malher
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J’ai commencé un long feuilleton sur les corneilles en ville qui ont profité de l’application un peu irréfléchie du plan Vigipirate qui oblige à mettre des poubelles transparentes : en se contentant de plastique transparent, on fournit aux corneilles la possibilité de le déchirer très facilement pour atteindre la nourriture qu’elles voient au travers du plastique…. J’ai déjà évoqué la solution trouvée par le Jardin des Plantes (cliquez ici pour en voir l’image). Il faut reconnaître que, depuis, les troupes de corneilles ont disparu (il reste quelques individus), mais ….. n’y a-t-il vraiment eu que l’application de ce nouveau modèle de poubelle ? Je n’en suis pas sûr…. La même technique a été appliquée depuis mars 2008 au parc Montsouris : toutes les poubelles sont entourées d’une gaine de plastique dur (mais pas de couvercle…..les corneilles peuvent vider les poubelles si elles sont pleines !). Résultat : il existe encore des groupes importants de corneilles (un de 25 et un de 35 environ notés le 19/10 ), mais on ne voit presque plus de corneilles marquées de taches ou de barres alaires blanches comme avant…. 
N'est-elle pas jolie ma "corneille Gordini" ? (Londres fev 2007)
Je rappelle que l’idée que j’ai défendue dans un article d’Alauda ( résumé lisible en cliquant ici ) est que ces marques sont dues à un carence en lysine due à la trop forte consommation de pain….. Cela semble coller avec les observations actuelles : à la première mue qui a suivi leur retour à un régime alimentaire plus équilibré, elles auraient repris un plumage plus normal. Le nouveau modèle de poubelle serait bon au moins pour la santé des corneilles !…. J’en profite pour montrer un autre modèle de poubelle adaptée aux corneilles : la photo vient de Toulouse (son auteur se cache sous le pseudo de Clubescargot…..merci à lui !) 
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28-10-2008, 18:51:08 Frédéric Malher
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Les sociologues appellent "pendulaires" les habitants des banlieues qui font quotidiennement le trajet entre la banlieue et Paris pour travailler. Un certain nombre d'oiseaux font le trajet inverse : un bon nombre dorment dans Paris et partent le matin pour se nourrir dans les champs de lointaines banlieues. Commençons tout de suite par une exception : à Paris au moins, les hérons qui se nourrissent des poissons des pièces d'eau (on doit pouvoir estimer à une dizaine au moins le nombre de hérons parisiens ) passent la nuit à l'extérieur de la ville : au bois de Vincennes, peut-être au parc de la Courneuve ou ailleurs ). A Istanbul la situation est bien différente puisqu'il y a une colonie en centre ville et les hérons changent parfois carrément de continent pour aller pêcher.... en Asie ! Le plus souvent, nous avons donc des oiseaux qui profitent de l'abri de la ville pour dormir et parfois pour nicher, ce qui donne donc des densités impressionnantes : 12 couples de Ramiers ont niché sur un hectare au square de la Roquette à Paris (S.Detalle), 70c de Pigeons colombins sur 25 ha du parc de la Colombière à Dijon dans les années 80 (Tomialojc)! De même de nombreuses villes hébergent (parfois à leur corps défendant ...) des corbeautières : les Corbeaux freux ( à ne pas confondre avec les Corneilles qui ne font pas de colonies) apprécient les grands arbres et la tranquillité du centre ville pour installer leurs nids. La journée, ils vont se nourrir d'insectes et de graines dans les champs environnants. Comme ils n'aiment pas faire trop de trajet, ils désertent les villes qui s'étendent trop : c'est ce qui s'est passé à Londres en 1916 et à Paris pendant les années 50 : la dernière colonie était située sur le quai de la Mégisserie, au bord de la Seine ! 
***Un couple de Choucas angevins (photo A.Fossé) Le Choucas des tours, petit corbeau qui fait des colonies bruyantes dans les clochers et les monuments, va souvent aussi se nourrir à l'extérieur des villes et c'est peut-être pour ça qu'il est en régression dans Paris alors que l'espèce se porte plutôt bien dans le reste de la France... Un cas célèbre est celui des étourneaux qui viennent profiter du microclimat urbain (plus chaud et moins de vent) pour constituer des dortoirs en ville. Ces dortoirs urbains peuvent compter des dizaines (voire des centaines) de milliers d'oiseaux dont les déjections posent évidemment un problème pour les carrosseries qui se trouveraient dessous ! "Et si on rajoute à ça le bruit et l'odeur"...... 
******Une arrivée spectaculaire des étourneaux à la BNF
Les mouettes viennent aussi dormir en dortoirs, parfois en ville, comme celui qui est sur la Seine en aval de la Tour Eiffel. Plus surprenant, les bergeronnettes grises viennent aussi dormir en hiver dans des dortoirs qui sont situés curieusement dans des endroits bruyants et éclairés, comme des rond-point routiers ou des places face à une gare ! Quoiqu'on en pense, cela permet d'observer des mouvements ou des rassemblements impressionnants : j'ai déjà raconté le spectacle de la BNF envahie d'étourneaux (cliquer ici pour lire). Les mouvements matinaux de dispersion sont moins spectaculaires mais quand même intéressants à suivre : pour les Ramiers, on peut voir le matin très tôt (le maximum est dans le quart d'heure qui suit le lever du soleil) des vols parfois importants (plusieurs dizaines) quittant Paris. C'est un moment intéressant pour les compter, d'autant plus qu'ils ne rayonnent pas tout autour de Paris : les principaux axes de départ sont vers le N-NE par la Villette, vers le S-SW le long de la Seine, vers le Sud par la porte d'Orléans, vers le SE par la porte d'Ivry et vers le bois de Vincennes autour de la porte de St Mandé. 
Principales directions des vols de Ramiers le matin à Paris Mis à part le bois de Vincennes, les autres axes de départ correspondent aux directions des champs les plus proches de Paris, situés à une dizaine de km quand même.... |
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21-09-2008, 17:04:23 Frédéric Malher
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Contrairement à une idée reçue, il y a de plus en plus d’oiseaux à vivre en ville…. Ça surprend, hein ? Evidemment, si on construit une ville sur un milieu naturel, le nombre d’espèce diminue….mais une fois que la ville est établie, le nombre d’espèces va ensuite réaugmenter. A Paris, le minimum a été atteint semble-t-il au début du 20ème siècle, avec une vingtaine d’espèces qui y nichaient. On en est à près de 60….. ! Il y a sans doute des explications à chercher du côté de l’histoire de la ville en question (vieillissement des arbres par exemple), mais il y a aussi un phénomène général, qu’on va retrouver parfois aux mêmes dates dans différentes villes d’Europe…C’est le phénomène d’urbanisation (le vrai terme est « synurbanisation », mais on va rester simple….). Deux exemples typiques : - le Pigeon ramier ne nichait avant qu’en milieu rural, en général en forêt . Depuis le milieu du 19ème s. il niche dans Paris et Londres, il s’est ensuite établi dans les villes européennes du Nord et de l’Est au cours du 20ème s, mais il n’a occupé les villes méditerranéennes (Montpellier, Naples, Alger) que vers 1990-95 et il ne niche toujours pas dans le centre ville de Marseille. 
La Corneille mantelée s'est aussi bien adaptée à la vie à Istambul ! - on a du mal à imaginer Paris sans elle, mais la Corneille (noire dans l’ouest européen, mantelée pour l’est et l’Italie) a « conquis » les villes européennes essentiellement entre les années 60 et 80 et la Pie en général un peu avant. 
Version aviaire du HLM à la Villette !
Quel intérêt présente la ville pour les oiseaux ? La ville présente un certain nombre d’avantages : il fait moins froid en hiver (+3° en hiver entre ville et banlieue), il y a beaucoup de nourriture disponible….grâce à nos rebuts, il n’y a pas de chasseurs, jusqu’à peu il n’y avait pas beaucoup de prédateurs (quoique les chats ne se nourrissent pas que de Kitekat même en ville….) et, avec un peu d’imagination, il y a plein de sites de nidification potentiels. Même s’il y a des inconvénients ( pollution, bruit, lumière, etc.), la ville présente donc de nombreux avantages…. Comment ça se passe ? Ça commence souvent par l’hivernage : l’espèce profite des meilleures conditions offertes par la ville pour y rester l’hiver. C’est ce qu’on a vu, semble-t-il, à Paris pour la Bergeronnette des ruisseaux qu’on a notée de plus en plus dans les années 90, y compris en dehors des voies d’eau. 
Un Ramier qui en plus choisit son cadre de vie.... Très souvent la nidification commence dans les zones périurbaines pour se rapprocher progressivement du centre ville. Le phénomène été noté, par exemple pour la Corneille à Caen dans les années 70-80, pour le Pigeon ramier à Dijon entre 1980 et 1990 alors qu’à Marseille on le trouve actuellement seulement dans la zone périurbaine….il y a gros à parier qu’il sera en centre ville dans quelques années ! Cette urbanisation s’accompagne de nombreuses adaptations : je les ai déjà évoquées dans certains de mes posts : les oiseaux s’accoutument à la présence humaine (voir l’exemple du Héron cendré ici -et là ), ils modifient leurs sources de nourritures (des exemples en cliquant ici ) et ils doivent souvent trouver de nouveaux lieux de nidification ( allez voir là ).. Quels sont les mécanismes qui amènent une espèce à s’établir en ville ? Principalement deux schémas principaux, dont il est possible qu’ils s’appliquent tous les deux à des espèces différentes. D’abord, la conquête progressive des villes d’Europe centrale et de l’est à partir de l’Europe du Nord-ouest par le Merle et le Pigeon ramier a fait penser à l’intervention d’individus « pionniers » qui iraient d’une ville à l’autre pour implanter des populations urbaines nouvelles. C’est évidemment ce qui s’est passé pour la Tourterelle turque à partir de 1950 dans sa « conquête de l’Ouest » européen, et peut-être pour le Merle mais on ne pense pas que ce soit valable pour le Pigeon ramier. Pour lui, et un certain nombre d’autres espèces, on pense plutôt que c’est un problème de « crise du logement » en milieu rural autour des villes qui pousse l’espèce à chercher des sites de nidifications en ville. L’espèce s’urbanise donc seulement dans les régions où elle est nombreuse et pas dans les régions où elle est rare.  Bientôt le Héron nicheur dans Paris ?
Finalement, la ville va-t-elle devenir une réserve pour protéger les espèces en difficulté ? Non, pas vraiment…..D’abord parce qu’on vient de voir qu’une espèce en « mauvaise santé » n’a aucune raison de s’urbaniser. Mais certaines espèces peuvent s’établir en ville quand elles sont en bonne santé puis s’y développer alors que les populations naturelles sont en difficulté. C’est ce qui se passe en France pour la Pie…mais c’est semble-t-il une exception. Autre raison de ne pas trop compter sur les villes pour sauver la biodiversité : ce ne sont pas toutes les espèces qui s’installent en ville. Ce sont en général des espèces opportunistes d’origine forestière, omnivores et sédentaires. Les insectivores migrateurs sont sous-représentés ainsi que les nicheurs au ras du sol (sans doute un problème avec les chats….). Et c’est dans ces catégories qu’on trouve beaucoup d’espèces en difficulté, sans compter les espèces de milieux ouverts (prairies humides, champs de céréales, etc.) qui naturellement n’arriveront pas à s’adapter en ville. Il est donc important de continuer à s’occuper de la biodiversité aussi en milieu rural….. |
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08-09-2008, 09:23:15 Frédéric Malher
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Je vous ai déjà parlé plusieurs fois les rapports surprenants que les corneilles entretiennent avec le plan Vigipirate....Pour retrouver les épisodes précédents cliquer sur ce lien pour comprendre le problème, puis celui-ci pour trouver une solution adoptée au Jardin des Plantes et enfin celui-ci . J'avais déjà signalé qu'au parc de la Villette, ils avaient (involontairement ?) évité le problème en disposant des sacs poubelle du plus beau rose ....peu transparent !  La Pelouse du Triangle à la Villette
De fait je n'ai jamais vu de corneilles s'attaquer à ce genre de sac. La semaine dernière, rupture de stock ?... les sacs roses étaient remplacés par des sacs transparents habituels. L'effet ne s'est pas fait attendre : les corneilles, qui pouvaient voir ce que contenaient ces sacs bien remplis par les nombreux parisiens venus profiter des pelouses pour pique-niquer au soleil , se sont très rapidement mises à déchirer le plastique pour s'emparer des emballages de Mac Do et autres reliefs de repas.... Hier, preuve que les responsables locaux sont intelligents et réagissent vite : les sacs transparents étaient remplacés par des sacs rouges plus transparents que les roses d'origine, mais qui masquent quand même un peu le contenu : pour le moment, je n'ai pas vu de corneilles s'y attaquer... Le match Corneilles - Vigipirate continue avec une reprise de l'offensive par les humains.... à suivre ! |
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02-07-2008, 15:16:26 Frédéric Malher
des espèces très urbaines
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Si on veut une idée de l’importance de l’adaptation dont peuvent faire preuve les oiseaux pour s’installer en ville, la Bergeronnette des ruisseaux peut servir d’exemple … « Sous les ombrages, la rivière fraîche reflète la voûte feuillue des arbres et le ciel changeant ; tantôt lisse et calme, clapotant sur les galets blancs et polis ; tantôt écumante parmi les grosses pierres des rapides ou contre une falaise de terre qu’elle ronge de ses méandres. » Voilà comment Paul Géroudet décrit le milieu d’origine de cette espèce … Promenez-vous le long du canal St Denis ou du canal St Martin et vous verrez l’effort d’imagination qu’il faut faire pour entendre le clapotis de l’eau sur les galets blancs !…. 
Sur une amarre aux Tuileries photo C.Ouvrard Au 20ème siècle, la Bergeronnette des ruisseaux n’était qu’un nicheur occasionnel à Paris : une nidification aux Buttes-Chaumont en 1990, 2 au Bois de Boulogne en 1995 et 96. En 2000 et 2001 un couple profite d’une flaque d’eau qui s’est formée sur le toit en terrasse d’une école dans le 14è pour y nicher (l’assèchement de la flaque a fait fuir les oiseaux). C’est en 2002 que semble commencer la nidification régulière de l’espèce le long des cours d’eau de la capitale : S.Malignat constate la nidification de l’espèce le long du canal St Denis près du Bd MacDonald. En 2003, on la retrouve nicheuse près de la cité des Sciences et au port de l’Arsenal, près de la Bastille. Si la couvée de la Bastille fut détruite sans doute par des rats, celle de la Cité des Sciences s’envola. 
................Le canal St Denis près de la Cité des Sciences...lieu de nidification ! Les années suivantes , l’espèce fut trouvée le long de la Seine (en particulier à l’île St Louis) et en 2008 on peut considérer qu’entre 10 et 15 couples de Bergeronnettes des ruisseaux nichent dans Paris. La Seine et les canaux St Martin et St Denis sont régulièrement occupés, mais aussi parfois le parc des Buttes-Chaumont, le pied de la Tour Eiffel et une (au moins…) terrasse partiellement inondée ! Il faut remarquer que cette implantation s’est passée très rapidement : en moins de 10 ans, on peut considérer que tous les quais des canaux ou de la Seine ont été occupés et il nous reste sans doute quelques sites à découvrir loin des cours d’eau… 
La preuve qu'elle se reproduit le long de la Seine (15è)... photo O.Sigaud Cette implantation a été précédée par une forte augmentation de l’hivernage : actuellement on peut voir en hiver cette espèce n’importe où dans Paris, près de l’eau évidemment, mais aussi sur des toits en terrasse et parfois même ailleurs comme cette observation que j’ai faite entre la gare du Nord et l’Opéra, quartier a priori peu accueillant pour un oiseau de bord de ruisseau campagnard ! Paris n’est pas un cas isolé : Bruxelles a vu aussi sa population de bergeronnettes des ruisseaux augmenter entre 1993 et 2003 (périodes de ses 2 Atlas), grâce en particulier à l’occupation des rives d’un canal traversant le territoire de « Bruxelles-capitale ». On retrouve aussi l’espèce à Liège, à Douai, à Londres et elle semble s’établir à Lille. En revanche à Hambourg et à Berlin, l’espèce n’est pas établie en centre ville et reste cantonnée à des secteurs qui ressemblent à son milieu d’origine. On peut noter qu’une autre espèce du bord des eaux s’est adaptée depuis assez longtemps aux quais urbains : il s’agit du Cincle plongeur, qu’on trouve dans de nombreuses petites villes des vallées montagnardes, que ce soit dans les Pyrénées (Bagnères de Bigorre, St Jean Pied de Port ) ; les Alpes françaises (Bourg d’Oisans) ou suisses (Brig). À quand le Martin-pêcheur ? Paris va sans doute répondre bientôt….. ;-) |
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05-05-2008, 09:14:19 Frédéric Malher
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Le 16/04/08 les jardiniers du 20è arrondissement ont découvert au jardin E.Vaillant le cadavre d’un jeune Autour des palombes ! C’est la 2ème fois cette année qu’un Autour est découvert à Paris !  L'Autour du square E.Vaillant photo N.Robin
Le premier était heureusement bien vivant (malgré un choc contre un carreau du 7ème arrdt) et a été relâché en bon état par le Centre de réhabilitation de l’Ecole vétérinaire de Maisons-Alfort en janvier. 
C'est quand même plus beau vivant ! photo G.Chambert-Loir Les autours sont erratiques à cet âge là et sa présence à Paris n’est évidemment pas un signe de nidification proche ! C’est un oiseau forestier qui, cependant s’adapte à certaines villes : il est nicheur dans la périphérie de Hambourg et vient chasser en centre ville (quartier de l’Université) . De même il niche dans le Tiergarten, grand parc boisé dans le centre ville de Berlin….Comme c’est un rapace qui a bien profité de la protection des rapaces et de la fin de l’utilisation des insecticides organo-chlorés, sa densité augmente partout et pourquoi pas un jour….. En ce moment, l’actualité parisienne est plutôt celle de l’Epervier : va-t-il nicher dans Paris intra-muros ? Déjà qu’il niche dans les cimetières de Bagneux (depuis 2007) et de Pantin (sans doute depuis quelques années), aux bois de Boulogne et de Vincennes….Depuis quelques années, on en voit de plus en plus en hiver dans les rues et les parcs parisiens (cliquez pour voir le post consacré aux observations de Jacqueline Lejeune dans le Marais ou ici pour retrouver une histoire à laquelle j'ai assisté depuis ma fenêtre). Ce qui est nouveau, ce sont les observations printanières : le parc des Buttes-Chaumont est sur les rangs pour accueillir le premier couple nicheur…des parades ont même été observées en avril ! Le mois de mai sera déterminant ! Mais on en a aussi observé en plein centre de Paris, près des Champs-Elysées, où des parcs privés (ambassades, palais présidentiel…) sont tout à fait capables d’abriter son nid… Les paris sont ouverts ! |
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26-04-2008, 16:48:11 Frédéric Malher
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La colonie du parc de la Bergère (Bobigny - 93) La colonie (un couple nicheur en fait, mais accompagné de quelques individus surnuméraires) semble s'être installée en 2000 dans les palplanches qui soutiennent les rives du canal au niveau du parc de la Bergère (Bobigny-93). (*) 
_____________Les effectifs ont évolué de manière favorable, ce qui a abouti à une année record en 2007 avec au moins 8 couples ! Pour le détail des résultats annuels, il faut préciser que je n'ai pas pu suivre les dernières années avec autant de précision que les 3 premières. 

Phénologie: les dates d'arrivée qui ont été relevées (1/4/08, 20/4/07, 7/4/06, 10/5/05, 27/4/04, 9/5/03 (mais 25/4 à Pavillons),3/5/02,18/5/01,27/4/00 ne sont pas toutes représentatives car les dates de vacances scolaires ont forcément interféré avec celles-ci. On peut noter cependant qu'elles sont en général bien tardives par rapport aux dates relevées en Île de France. Ceci peut être dû à plusieurs causes : en plus du problème des vacances, il faut remarquer que les oiseaux sont très discrets (et peu nombreux) en période de couvaison, ils ont donc pu passer inaperçus pendant plusieurs jours . Mais ce n'est sans doute pas la seule raison : on peut penser que les colonies de ce type ne sont que des pis aller pour les hirondelles de rivage et qu'elles n'y viennent que faute de mieux, après avoir essayé de trouver une place ailleurs. Les arrivées seraient donc réellement plus tardives dans ce genre de micro-colonie. Ce ne serait donc pas un hasard qui expliquerait que l'arrivée de 2008 est la plus précoce, l'année suivant celle du plus fort effectif (jusqu'à maintenant en tout cas....) de plus de 8 couples : cette année, les hirondelles seraient revenues directement.... pour la construction, les seuls indices sont un transport de brindilles le 21/5/2001 et un transport d’un objet non identifié le 3/5/2002 les dates de couvaison sont difficiles à déterminer. les dates de présence des jeunes au nid peuvent souvent se déduire de l'accélération des visites des adultes et du rejet de pelotes fécales. Le 1er indice fut noté le 12/6/2000 (avec des jeunes bien emplumés visibles le 23/6). En 2001, les visites sont fréquentes le 14/6 et les premières pelotes fécales sont vues le 21/6. Pelotes fécales dès le 13/6/2002. Accélération le 30/5/2003 ?(situation pas claire). Pelotes fécales le 28/5/2004. Pas de dates caractéristiques pour les années suivantes l'envol est délicat à noter avec précision. Cependant l'observation d'un groupe de 4à 6 individus voletant de manière bien "énervée" autour d'un trou où a niché un couple signe en général le départ récent d'une couvée. Voici les dates que nous avons pu relever :le 27/6/00 , 5 jeunes volent autour du nid (alors que le 23/6, ils étaient encore au nid) ; le 2/7/01, 3 jeunes bien emplumés se montraient à l'entrée du trou; le 28/6/02 4 jeunes volent autour du trou et 3 autour d'un autre trou le 11/7/02; le 16/6/04 s’envolent les jeunes du 3ème couple ; 5 ind le 10/6/05 ; 2 couvées (10 ind) envolées le 8/6 et la 3ème le 13/6/06 2èmes couvées : rarement notées à cause des vacances. En 2002, il y a eu 2 secondes couvées (le 18/8, 4 jeunes juste envolées et nourrissage d'une autre couvée); en 2003 au moins 1 seconde couvée sur 2 couples A noter une tendance à une phénologie plus précoce au fur et à mesure du développement de la colonie. Les dates après « stabilisation » semblent être environ : - une ponte fin avril - une éclosion mi mai - un envol vers le 10-15 juin - une seconde couvée de fin juin à début août (*) Pour plus de détails sur la première année, voir la page : http://oiseaux-du-canal-de-lourcq.skynetblogs.be/post/5725126/la-fondation-de-la-colonie-dhirondelle-de-riv Pour le résumé de mon article sur les H. de rivage en milieu artificiels, allez à cette adresse : http://lesoiseauxdesvilles-publiperso.skynetblogs.be/post/4662246/lhirondelle-de-rivage-niche-en-site-tres-arti Les autres sites des alentours de Paris 
Site de la colonie d'Ivry s/Seine, face à Chinagora Je ne prétends pas avoir la liste exhaustive des colonies d’Hirondelles de rivage de ma proche région parisienne, mais je suis frappé par le fait que toutes celles que je connais utilisent exactement le même type de support : des trous d’évacuation d’eau dans des palplanches métalliques qui soutiennent les rives d’un canal (canal de l’Ourcq à Pavillons s/bois- colonie existant en 2000-2001 et peut-être avant mais disparue ensuite) d’une darse dans un port (Gennevilliers, 92 – Bonneuil, 94) ou d’une rivière (Seine à Ivry, Marne au pont de Créteil et au pont de Joinville) |
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05-04-2008, 17:03:31 Frédéric Malher
des espèces très urbaines
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**************C'est le printemps......! Ce matin, après avoir inauguré sur le terrain la dernière saison de l'Atlas des oiseaux nicheurs de Paris en zigzaguant dans le 8ème arrdt, j'ai décidé de passer la Seine pour voir s'il y avait des pigeons colombins de l'autre côté aussi : cette espèce de pigeon est en effet mal connue en ville, y compris par certains ornithologues. J'ai été récompensé de mes efforts pédestres : je vous laisse deviner en quel endroit j'ai pu assister à un vol nuptial très prolongé d'un couple qui visiblement avait décidé que la saison de reproduction allait bientôt commencer ! Voici donc une sorte de reportage un peu voyeur..... 





********Vous avez du mal à observer des Colombins en ville ? ....appliquez le célèbre "Théorème des antennes" ! "Sur les antennes et au-dessus du 30ème étage, on ne voit pas de Pigeon biset ! Ce sont (le plus souvent) des Ramiers et (plus souvent que vous le croyez....) des Colombins !" 
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15-03-2008, 16:44:45 Frédéric Malher
des espèces très urbaines
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Je racontais dans le mail précédent que le Jardin des Plantes semblait avoir trouvé une solution…..la Mairie de Paris semble prête à la reprendre (je ne suis pas certain que l’appel en ce sens que je lançais dans mon msg y soit pour quelque chose…..je n’ai pas cette prétention…..). 
Le Figaro de samedi dernier (16/2) publie un article alarmiste sur la multiplication des corneilles dans les jardins parisiens. Même si la situation décrite est réelle (il y a des troupes de plusieurs dizaines de corneilles dans certains parcs, j’en ai déjà compté plus de 80 au Jardin des Plantes ), il est un peu idiot de reprendre la crainte supposée de certains parents que les corneilles viendraient piquer le goûter de leurs bambins….. Le problème est toujours le même : depuis 1996 (j’apprends la date grâce à l’article) , les poubelles doivent être en plastique transparent. Les corneilles se sont donc aperçues qu’il y avait à manger dedans et qu’elles pouvaient déchirer le plastique….. 
->La Mairie de Paris a donc décidé d’appliquer la même méthode qu’au Jardin des Plantes au parc G.Brassens, malgré le jugement « esthétique » de Mme de Clermont-Tonnerre – conseillère du 15è - qui a trouvé « très laid » le tube en plastique utilisé (comme si les sacs plastiques étaient très jolis….sauf ceux du parc de la Villette qui sont ….rose vif ! Et, au fait…., je ne crois pas les avoir jamais vus déchirés ceux-là…..). La suite au prochain numéro…. ;-) |
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18-02-2008, 16:03:36 Frédéric Malher
corbeau oiseaux urbains des espèces très urbaines
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| Le 20 juin je vous parlais de la manière dont les corneilles ont profité du plan Vigipirate : les poubelles rigides ont été remplacées par des sacs plastiques, ce qui permet aux corneilles de les déchirer pour se nourrir du contenu. Détails à lire en cliquant ici….. Je suggérais de vider les poubelles avant le lever du jour pour passer avant les corneilles….mais le Muséum National d’Histoire Naturelle a eu une autre idée : entourer les poubelles d’un tube rigide transparent ! Simple, mais il fallait y penser…. 
Merci à JL Fromont qui m’a signalé l’histoire et fourni la photo qui illustre le truc ! Je pense que le MNHN ne sera pas vexé si d’autres reprennent son idée…. |
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05-02-2008, 19:18:48 Frédéric Malher
des espèces très urbaines
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Evènement en Irlande : au Collège Universitaire de Cork,3 jeunes merles sont nés le 25 janvier dernier , ce qui correspond à une ponte vers le 5/1. L'évènement a été mis aussitôt- et pas seulement par des journalistes....- sur le dos du rechauffement climatique.....voire ! 
Non, que je remette en cause l'existence du changement climatique, ni son origine humaine et encore moins son influence sur le calendrier de la Nature : des études bien documentées ont montré une avancée des dates de nidification de certaines espèces sédentaires depuis une quinzaine d'années. Mais ici , il me semble que cela a plus de rapport avec le milieu urbain que le climat en général. On a de nombreux exemples de nidifications précoces de merle en ville : pour se limiter à quelques exemples, à Fribourg (Suisse), on a découvert la même année 2000 une couvée de 17 jours le 29 décembre et 4 oeufs couvés le 22 décembre ! Une autre couvée aussi précoce à Metz dans les années 90 : des jeunes observés au nid début janvier avaient dû éclore vers le 25 décembre.....

Pas facile de ramener une becquée de vers en janvier ! (photo P.Dubois)
Evidemment, le réchauffement existait déjà en 2000, ce n'est pas la question, mais il faut remarquer que toutes les données de décembre-janvier sont urbaines. L'écart avec les dates moyennes dans la nature est trop important pour être mis sur le compte des modifications récentes : on est ici 2-3 mois avant les dates classiques, alors que les modifications de calendrier mises en évidence jusqu'à présent sont de l'ordre de 15 jours, que ce soit pour les dates de migrations ou les dates de nidification. Il s'agit ici de tout autre chose : les conditions microclimatiques en ville sont très différentes de celles de la campagne. On note en moyenne 2 à 3 degrés de différence entre la ville et la campagne environnante, surtout en hiver (détail important dans le contexte de notre affaire...). Du coup la végétation démarre plus tôt, les insectes suivent la végétation et les oiseaux suivent les insectes ! Ce qui règle le développement des organes génitaux des oiseaux est la longueur du jour: l'éclairage urbain doit pouvoir modifier le calendrier des ovaires de merle comme il le fait de la chute des feuilles des arbres : regardez près des lampadaires, vous verrez que les branches les plus proches gardent leurs feuilles très tard.... 
En ville on trouve parfois de curieux matériaux pour construire le nid ! (photo P.Dubois)
La tactique de ponte hivernale est certes risquée (je ne sais pas ce que sont devenus les jeunes qui étaient nourris par leurs parents en février 2005 à Paris ....sous la neige !), mais quand ça marche, ça fait une génération de plus de merles , ce qui permet d'atteindre les 4 couvées annuelles et de compenser la forte mortalité des jeunes en milieu urbain (chats et chiens n'en sont pas innocents.....). Pour revenir au réchauffement climatique, il y a fort à parier que cette tactique paie de plus en plus souvent ! |
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02-02-2008, 15:32:43 Frédéric Malher
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